La CGT dénonce la « brutalité inouïe » de Deliveroo pour modifier la rémunération de ses coursiers

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L’entreprise de livraison de repas à domicile Deliveroo a fait preuve « d’une brutalité absolue » en modifiant les conditions de rémunération de ses coursiers à vélo, a dénoncé mercredi la CGT, estimant que cette décision avait entraîné des « pertes de revenus de l’ordre de 30 à 40 % ». Disposant auparavant d’une « rémunération minimum de 7,5 euros par heure ainsi qu’une part variable allant de 2 à 4 euros par course », les coursiers sont, depuis « le 27 juillet », payés uniquement « à la tâche », déplore le syndicat dans un communiqué.

« Le procédé employé est d’une brutalité inouïe », ajoute la CGT, qui indique que l’entreprise a contacté ses coursiers par « un simple appel téléphonique pour (leur) annoncer la suppression du contrat avec, pour seule alternative, la liberté de partir ou un paiement à la course à hauteur de 5 euros, sans minimum ». Les coursiers accusent, selon la centrale, « des pertes de revenus de l’ordre de 30 à 40% et la difficulté à vivre qui en résulte ».

La CGT y voit « la mise en oeuvre pour les travailleurs dits ubérisés de ce dont rêvent (le président Emmanuel) Macron et les entreprises financiarisées pour l’ensemble des salariés au moyen des ordonnances » qui réformeront en septembre le code du travail. Le syndicat « exige » que les coursiers obtiennent auprès des plates-formes comme Deliveroo « un pouvoir de négociation et de représentation véritable », « la création de comités d’entreprise et d’instances représentatives des personnels », ainsi que « le bénéfice des protections garanties par le code du travail, évitant la création d’un statut de surexploitation et d’une +zone grise+ de non-droit ».

La CGT annonce par ailleurs s’être « portée partie intervenante auprès de la Cour de Cassation pour la requalification en contrat de travail de la relation liant un ancien livreur à vélo de Take Eat Easy », une autre plate-forme de livraison de repas qui a fait faillite en 2016.