Carrefour: manifestation à Massy contre les « attaques de la direction »

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300 salariés de Carrefour, selon la CGT, ont manifesté jeudi devant le siège du groupe à Massy (Essonne) pour « riposter » aux « attaques de la direction » en termes d’emplois et de conditions de travail, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Salaires minables, manque d’effectif, souffrance au travail, contrats précaires, fermetures de magasins, réduction de personnel, location-gérance, travail dominical: la CGT riposte », pouvait-on lire sur la banderole affichée devant l’entrée du siège du géant de la distribution. Le mot d’ordre était repris sur les tee-shirts portés par de nombreux manifestants. Le rassemblement, à l’appel du collectif CGT du groupe (hypermarchés, supermarchés, entrepôts, banque…), a réuni des salariés venus de plusieurs régions de France.

« Non à des dividendes formidables pour des salaires minables », pouvait-on lire ainsi sur une banderole de la CGT Carrefour Market de la Sarthe. « On est ici pour alerter la direction », dire « qu’on n’acceptera pas le plan de restructuration », a déclaré à l’AFP Philippe Allard, l’un des représentants de la CGT.Le plan doit être présenté le 23 janvier par le Pdg Alexandre Bompard, arrivé à la tête du distributeur l’été dernier. Le collectif redoute la disparition de « plus de 5.000 postes » dans les effectifs français, entre une restructuration qui devrait toucher le siège (« plus de 1.200 suppressions d’emplois sur 4.000″, selon la CGT), l’intensification de la location-gérance, ainsi que la poursuite d’autres projets (centralisation des plateformes administratives et marchandises, automatisation des caisses des stations services) qui pourrait toucher environ 500 salariés.

« Quid aussi des vendeurs ? » dans les espaces non-alimentaires des hypermarchés après l’accord conclu entre Carrefour et Fnac Darty pour l’achat d’électroménager et d’électronique, demande M. Allard, qui craint que les espaces soient loués à Fnac Darty. La CGT entendait aussi alerter à propos des conditions de travail dans l’entreprise. « Dans certains magasins, on a un taux d’absentéisme qui monte jusqu’à 12% », dû à « une surcharge de travail » par manque d’effectifs et à la « pression » de la hiérarchie, a affirmé Frédéric Gérard, délégué Supermarchés Carrefour Market, qui travaille en caisse dans les Yvelines. La conséquence en est une grande souffrance au travail, dit-il, avec des salariés « harcelés ». Gestionnaire de stocks dans un magasin parisien, Nadia raconte qu’on l’a « isolée de tout le monde » après qu’elle a dénoncé le manque de personnel. La salariée dit être en arrêt maladie après avoir fait une tentative de suicide.